
Dans la deuxième partie de notre série de blogs, « Démystifier les mythes du Kung Fu en Chine », nous nous penchons sur l’impact de la « Nouvelle Chine » sur les traditions et les enseignements du kung-fu Shaolin, poursuivant la discussion introduite dans notre récente publication avec Magazine d'arts martiaux australien, Numéro 6 (voir partie 1 ici). Cette section, « Comment l’essor de la nouvelle Chine a-t-il affecté le Kung Fu Shaolin ? » examine comment l’évolution des paysages sociopolitiques a influencé à la fois la philosophie et la pratique de cet art ancien.
Aujourd'hui, le kung-fu Shaolin est un pont entre l'héritage culturel de la Chine et sa modernité dynamique. En tant qu'étudiant de longue date à la Maling Shaolin Kung Fu Academy, j'ai pu observer de mes propres yeux comment ces transformations s'intègrent dans notre pratique quotidienne sous la direction de Maître Shi Xing JianÀ travers sa perspective et avec le soutien de la traduction de notre administratrice d'académie, Lisa Guo, nous explorons comment les principes de Shaolin se sont adaptés en réponse à l'influence de la Nouvelle Chine, sans perdre l'essence qui définit le véritable kung-fu Shaolin.
Comment l’essor de la nouvelle Chine a-t-il affecté le kung-fu Shaolin ?

Contrairement à la croyance populaire, la création de la Chine nouvelle sous le régime communiste n'a pas supprimé le kung-fu Shaolin ou les arts martiaux chinois. En fait, le gouvernement est devenu un fervent partisan du wushu et des arts martiaux en général. Après la fondation de la République populaire de Chine en 1949, les politiques nationales ont activement promu le wushu, allant même jusqu'à former une équipe nationale de wushu pour mettre en valeur les prouesses martiales du pays. Tous les styles d'arts martiaux chinois, y compris le Shaolin, ont bénéficié de ce soutien institutionnel, qui a favorisé les formes de pratique martiale à la fois traditionnelles et modernes.
Cependant, un mythe persiste dans certains cercles : les maîtres de kung-fu auraient fui la Chine en raison des persécutions politiques et des attaques du gouvernement contre leurs pratiques. C'est tout simplement faux. Les véritables raisons de la migration des maîtres d'arts martiaux étaient plus complexes et de nature économique. Au tournant du XXe siècle, la Chine traversait des changements technologiques et sociétaux majeurs. L'invention et l'essor des armes à feu, appelées « armes chaudes », ont réduit la nécessité des arts martiaux dans la guerre. Alors qu'autrefois un maître expert dans des techniques comme la paume de fer pouvait vaincre un ennemi, aucun combat au corps à corps ne pouvait rivaliser avec une balle. En conséquence, la pertinence des arts martiaux dans le combat a commencé à décliner, conduisant à une période où cet art, bien que toujours respecté, avait moins d'applications pratiques.
Au début du XXe siècle, lors de l’effondrement de la dynastie Qing, la Chine était en proie à des bouleversements. De nombreux maîtres d’arts martiaux étaient confrontés à des difficultés économiques, et non politiques. N’ayant plus besoin de leurs compétences militaires ou d’autodéfense, certains quittèrent le pays à la recherche de meilleures opportunités à l’étranger. Cet exode n’avait pas pour but d’échapper à l’oppression gouvernementale, mais plutôt de trouver des moyens de subvenir à leurs besoins et de préserver leurs arts dans un monde en pleine évolution.

La Révolution culturelle (1966-1976) a cependant été une brève mais importante période de bouleversements pour les pratiques traditionnelles, notamment les arts martiaux. Soutenue à l’origine par le dirigeant du pays (même si, une fois ses effets dévastateurs démontrés, il n’était plus favorable à la réforme), la Révolution avait initialement pour objectif d’accélérer le développement de la Chine en purgeant le pays de traditions obsolètes et néfastes. Le gouvernement cherchait à créer une nouvelle culture socialiste, et les jeunes révolutionnaires, connus sous le nom de Gardes rouges, ont pris des mesures radicales pour détruire tout ce qu’ils considéraient comme faisant partie des « anciennes méthodes » : temples, sanctuaires, architecture historique et même pratiques traditionnelles comme le kung-fu ont été pris pour cible.
La motivation derrière ces attaques n’était pas spécifiquement anti-kung-fu, mais plutôt un rejet plus large de la tradition en faveur du progrès. Alors, au-delà des raisons économiques évidentes, pourquoi tant de jeunes étaient-ils contre la tradition et l’héritage ? Beaucoup considéraient les vieilles coutumes comme dangereuses et non scientifiques. Par exemple, dans les temps anciens, si un enfant tombait gravement malade, de nombreuses familles se rendaient dans les temples et priaient pour une intervention divine plutôt que de chercher des soins médicaux. Ces croyances se sont transmises de génération en génération, créant une culture de négligence superstitieuse, d’ignorance et de rejet des pratiques modernes, sûres et salvatrices. Ces croyances dépassées étaient considérées comme des obstacles à la modernisation de la Chine et nuisibles aux générations futures. Les révolutionnaires ont donc cherché à détruire les symboles physiques et culturels du passé pour forcer le pays à aller de l’avant.
Dans ce climat, les arts martiaux traditionnels, dont le Shaolin, ont souffert. Les maîtres de kung-fu, ainsi que les professionnels de nombreux autres domaines, ont été pris dans une ferveur anti-traditionnelle généralisée. Les écoles ont fermé, les temples ont été détruits et l'entraînement aux arts martiaux est devenu clandestin. Le temple Shaolin lui-même a été en grande partie abandonné et de nombreux moines ont été dispersés, mais pas de façon permanente.

Malgré cette période de destruction culturelle, les arts martiaux en Chine ont survécu. Après la fin de la Révolution culturelle en 1976, et surtout pendant les réformes économiques des années 1980, les arts martiaux ont connu un regain d'intérêt. Le gouvernement est redevenu un fervent défenseur du wushu, à la fois moderne et traditionnel, et a encouragé sa pratique auprès de la population en général. Le kung-fu Shaolin a également connu un renouveau. La reconstruction du temple Shaolin et l'intérêt international croissant pour les arts martiaux chinois ont contribué à alimenter cette renaissance, conduisant à la reconnaissance mondiale dont jouit aujourd'hui le Shaolin.
Il est important de comprendre que la persécution des arts martiaux traditionnels pendant la Révolution culturelle n’était pas une attaque intentionnelle contre le kung-fu en particulier, mais le résultat d’un sentiment anti-traditionaliste plus large. Depuis, le gouvernement chinois s’est activement employé à préserver et à promouvoir les arts martiaux chinois en tant qu’élément essentiel de son patrimoine culturel, permettant ainsi au Shaolin et à d’autres arts de prospérer à nouveau.
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